Comme tous les articles j’aime l’accompagner d’une musique..

Alors là pour le coup, pardon, mais c’est celle qui a trainé dans notre tête tout le voyage..

Alors ne l’écoutez pas trop vous allez vous la trimballer toute la journée dans la tête..

Ce qui pourrait s’apparenter à un délire n’est pourtant qu’une étape dans un projet appelé Etarcos et qui va me conduire en 2023 à traverser le pacifique sud à la rame en solitaire et en autonomie (en même temps je ne sais pas qui voudrait aller en plein milieu du pacifique me filer un bout de lard..)Il y a une semaine au petit matin je rentrais dans le port de Calvi après un peu plus de 70h de périple en Marseille et Calvi en kayak..

Depuis le début de cette année et pendant 5 ans je me lance 3-4 défis par an qui vont me faire acquérir presque toutes les compétences pour réaliser ce rêve fou..

Je ne veux pas camper dans une « zone de confort » qui me ferait fossiliser..

Alors mettre tout en oeuvre pour rendre possible, réalisable cet impossible m’anime et m’oblige à me mettre en branle-bas de combat..

Cette notion de développement personnel je la cultive depuis 2009, et je trouve qu’elle me rend bien service pour toujours aller de l’avant, tout devient jeu..

Le défi kayak avait pour but de connaître ce nouvel univers.. la mer

Depuis quelques semaines, je navigue sur le lac de Gérardmer pour apprivoiser la bête et préparer le corps..

Merci au passage au club et toute son équipe qui ont été aux petits soins avec moi.. Je me demande même si ne m’ont pas pris pour un farfelu..

Pour réaliser une telle traversée il fallait une autorisation exceptionnelle pour pouvoir naviguer au delà des 6miles nautiques des côtes..

Il fallait aussi un voilier qui servirait de support logistique et de base arrière..

Merci Charles « Capitaine » pour tout ce que tu as apporté à cette traversée..

J’avais choisi Marseille car c’est là où vit Denis Gargaud (médaillé olympique de Canoë à Rio et dirigeant de Mulebar )..

A bord du voilier qui m’accompagnerait il y avait :
Matthieu Péché (Médaillé olympique Canoë biplace à Rio, amis et me connaissant suffisamment pour me remettre les idées au clair quand il serait nécessaire), Pierre Mastalski (pirate et à son actif un atlantique à la rame, il a apporté cette notion de prévention et anticipation pour éviter tous les petits bobos qui ferait clapoter le projet)..

Tous les deux passaient de temps à autres quelques miles nautiques avec moi..

Ah oui un détail qui peut avoir son importance : un mile nautique c’est 1,8km

Marseille-Calvi toute taxe comprise c’est 200 Miles nautiques..

Justine pour la prise d’images, mais elle est aussi « chargée de projet » pour etarcos, un peu mon bras droit et celle qui m’eng****e au quotidien..  Et notre Poupouce national..

Une fois toutes les modalités administratives faites, la logistique prête, il fallait attendre le bon créneau météo pour pratiquer le kayak en Méditerranée..

Le Lundi 23, on décolle des Vosges direction Marseille avec l’Opel..

On débarque le matériel sur le vieux port..

Je vais faire un tour pour prendre contact avec la mer..

Naviguer dans « le vieux port », ça le fait quand même..

Le mardi, c’est une journée logistique et armement du bateau..

Un peu de sécurité avec les explications du fonctionnement de la balise AIS, etc..

Mardi soir tout est en place nous partirons demain mercredi 9h du vieux port..

Il est 9h quand nous partons du vieux port de Marseille..

A vrai dire je ne sais pas vraiment ce qui va se passer, je n’ai aucune maitrise sur le sujet, c’est déjà la première chose que j’étais venu chercher..

J’avais en tête quelques images et écrits que je lis en ce moment sur le monde de la mer..

Mais surtout la traversée du pacifique sud à la rame planait clairement dans nos têtes..

Je savais que je ne mettais que le petit doigt dans l’aventure car en 2023 ce sera une autre paire de manche..

La première journée je vais longer la cote jusque l’île de Porquerolles..

C’est de la navigation cotière avec du décor juste magnifique, la mer n’est pas calme calme mais navigable sans trop de difficultés..

Au bout d’une petite heure un radical changement..

La mer se forme un peu plus, plus aucune visibilité..

Ouch je fais mine de rien, je garde mon cap en tentant de garder le bateau à l’endroit (j’en rigole maintenant mais je ne faisais pas le fier)..

Coup de corne de brume de la part du voilier, car il ne me voit plus..

Bref une configuration se met en place : je dois rester à côté du bateau, il sonne régulièrement, regarde les radars il ne s’agirait pas de percuter un autre bateau..

Bon le brouillard au Hohneck ça se gère facile, en pleine Méditerranée ça prend une autre tournure..

 

Des fois seul, ou avec Matthieu ou Pierre en accompagnement les miles s’enchaînent aussi vite que les décors défilent..

Une vie à bord s’organise (et le mal de mer qui va avec pour certain), ils se relaient à la barre, à intervalle régulier 3-4h je remonte sur le voilier pour manger, semblant de sieste le tout en max 30′ et je me remets à l’eau..

Premier enseignement, vouloir se reposer sur un truc qui bouge tout le temps ne va pas me permettre de récupérer aussi bien que sur terre et quand tu pars pour 70h ça peut avoir une incidence..

Début de soirée un mouillage du voilier au Cap Sicié et avec Pierre nous voilà partis pour une session de 4h, coucher de soleil, direction Porquerolles que nous atteindrons vers 23h..

 

 

 

 

 

 

 

Mouillage à Porquerolles pour quelques heures de repos, repas, semblant de douche..

3h du matin et des brouettes on repart pour longer l’île et partir pleine mer..

A partir de maintenant je rentre dans le vif du sujet, à 360° autour de moi ce ne sera que de l’eau jusqu’à temps que j’aperçoive le phare de Calvi..

Bon sur le papier rien de fou à ça..

En réalité ce n’est pas la même..

 

La mer est d’un tel calme que tu n’as absolument aucune notion d’avancement, et là je peux te dire que le fameux 2,5m devant soi tu y rentres et tu n’en sors pas trop..

Ca pourrait presque avec les heures qui passent être déprimant..

Le moindre voilier microscopique au loin, un semblant de nuage, un débris qui flotte, etc devient une attraction..

Et en plus, vache ça cogne..

Les pauses sur le bateau se font plus rapprochées, mais le rythme est bon..

Une fois le créneau 13h-18h passé la température redescend légèrement, le décor change, une sorte de respiration interne plus fluide se remet en place..

L’ensemble de l’équipe a bien senti que cette après midi à été difficile pour moi, les regards remplis de bienveillance, d’attentions sont palpables..

Alors quand vers 19h nous est apparu une baleine, je peux te dire qu’une euphorie collective c’est mise en place rapidement..

Pour ceux qui me suivait via la balise Capturs vous avez dû vous demander pourquoi ça partait dans tous les sens ?..

Et bien j’étais comme un gosse qui entre dans un magasin de bonbons..

Car cet épisode baleine passé nous enchaînions sur un banc de dauphins globicéphales..

Bref nous étions largement payés de notre journée, on pouvait stopper là..

Le troisième jour départ 2h30 jusque 21h..

Là pour le coup c’est rude, les pauses sont descendues à toutes les deux heures..

Et pourtant il faut respecter les protocoles soins pour éviter une blessure qui pourrait compliquer l’avancement..

Ici il faut tout faire pour qu’il n’y arrive rien car le moindre bobo prend vite de grosse proportion..

Toujours ce décor mer d’huile à perte de vue, soleil de plomb, mais nous avançons toujours à 3 noeuds environ..

L’après midi comme la veille c’est costaud..

Une rencontre avec un banc de thons vient couper cette difficile après midi..

Vers 18h le voilier coupe les moteurs je monte à bord pour une pause comme beaucoup d’autres..

Un repas rapide, sieste 10′, soins des mains, crème solaire, et pour une fois je me jette à l’eau pour refroidir un peu le corps et l’esprit..

Mais là en 30′ de pause ce n’est plus la même, la mer commence à se former, le bateau doit me ramener à mon point du début de la pause..

S’en suis 2h de navigation au cul du bateau qui casse un peu les vagues..

21h remonter sur le voilier devient très compliqué vu l’état de la mer..

Je suis bien crevé alors je ne calcule pas grand chose je me lave vite fait, changé, restauré et je dors..

« Réveillez moi vers 2h du mat’, ramenez moi à mon point d’arrêt et j’enchaine les 40 dernier miles jusque Calvi »..

Mouais tu parles, ça remue de plus en plus au point que malgré l’état de fatigue il est difficile de dormir..

A part pour poupouce qui trouve que ça berce..

Bref à 1h du mat’ je monte sur le pont et en 5′ la décision est prise de tracer vers Calvi en voilier, la mer n’est absolument plus praticable avec ce genre d’embarcation..

C’est une notion aussi qu’il faut accepter, c’est la mer qui décide..

 

Arrivé au petit matin en baie de Calvi je remonte dans le bateau pour effectuer l’entrée dans le port en Kayak..

Au total 164 miles nautiques sur 200..

Voilà une expérience que je ne risque pas d’oublier..

Comme il se doit dans ce genre de projet, et pour être sur de n’oublier personne : merci à toutes et tous qui avez œuvré chacun comme vous le pouvez pour m’offrir la chance de vivre ça..

Un petit big up aux élèves de l’école primaire de Rochesson (restez en bateau gonflable sur Gérardmer va !!)..

A peine arrivé à Calvi, des vosgiens sur le quai étaient venu m’accueillir, c’est pas beau ça..

Un bon petit déjeuner avec mal de terre compris sur le port et s’en suis une journée à ne rien faire sur le voilier..

Le retour à la voile se fera le lendemain..

 

 

 

 

 

 

 

 

Voilà etarcos a pris la mer et vient de s’enrichir d’une sacrée expérience, pour l’ensemble de toutes les personnes qui mènent au quotidien ce projet..

La grande bise..

 

(Photos Justine Photography)

4 comments

  • Lombard

    Bravo Steph ainsi que ton équipe envoûtant passionnant moi perso mon kiff le petit direct avec toi t.es vraiment un mec hors norme simple disponible et sans chichi vive les Vosgiens le vieux te salue bien bas hâte de taper la biere metci pour tout à très bientôt jevoislavieenvosges

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  • Fabrice

    J’adore la chanson autant que le compte rendu
    Merci

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  • gabriel

    Une machine ! bravo !

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  • fabrice

    très beau défi ,bravo à toi et toute ton équipe

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